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Analyse de pollution des sols : méthode, paramètres, valeurs indicatives et solutions en Suisse

  • Photo du rédacteur: mdonnini6
    mdonnini6
  • 24 déc. 2025
  • 6 min de lecture
personne qui analyse des sols avec de la terre dans sa main avec des documents dans l'autre main


L’analyse de pollution des sols est une démarche structurée qui vise à analyser un sol afin de définir la présence de polluants, d’en évaluer la portée, le risque et l’atteinte potentielle pour la santé publique, la qualité du sol, l’environnement et la chaîne alimentaire.

En Suisse, cette étude s’inscrit dans un cadre légal et fédérale précis, encadré par une ordonnance et des exigences de l’OFEV (Office fédéral de l’environnement), ainsi que par les pratiques cantonales (par exemple dans le canton de Vaud selon la région et l’utilisation du site).


Sur une page dédiée à la gestion des sites potentiellement pollués, on retrouve souvent une information clé, un site peut être classé :


« Pollué, pas d’atteinte nuisible ou incommodante à attendre »,

« Pollué, investigation nécessaire »,

« Pollué, ne nécessite ni surveillance ni assainissement »,

« Pollué, nécessite une surveillance »,

« Pollué, nécessite un assainissement »,


Cette mise à jour (parfois récemment, parfois nouvelle) doit déclencher une préparation sérieuse, surtout en cas de projet de construction, de vente, de transformation, ou de chantier impliquant des travaux et le déplacement de terre.




1) Comment analyser la pollution des sols : une méthode en 6 étapes


Une méthode d’analyse robuste s’appuie sur une progression logique : recherche documentaire, terrain, prélèvement, laboratoire, interprétation, puis mise en place de mesures de gestion.



Étape 1 — Recherche historique et identification de l’origine


La première question est toujours : quelle est l’origine et la source de pollution possible ?On réalise une recherche et une identification à partir de :


  • l’historique des activités (industrie, atelier, dépôt, station-service, agriculture),

  • les plans, archives, photos, et la relation avec les parcelles voisines,

  • les indices de pollution chimique : zones de stockage, cuves, anciennes zones de déversement.


Cette étape permet de définir les substances qui concernent le site : polluants organiques (hydrocarbures, solvants, HAP) et polluants inorganiques (métaux et métaux lourds : plomb, mercure, cuivre, etc.), ainsi que des familles comme les dioxines/dioxine selon les activités.



Étape 2 — Modèle conceptuel, zone, surface et portée


Le bureau construit un modèle conceptuel :


  • quelles zones sont concernées (zone sensible, zone d’activité, zone agricole),

  • quelle surface est potentiellement impactée,

  • quelle portée verticale (sol de surface / profondeur / remblais),

  • quel contact possible (usagers, riverains, travailleurs du chantier).


Objectif : cadrer le diagnostic de pollution et réduire les incertitudes avant l’investigation.



Étape 3 — Investigation technique et plan d’échantillonnage


L’investigation technique formalise :


  • le plan de sondages et la démarche d’échantillonnage,

  • le nombre de points, profondeurs, et la stratégie par parcelle,

  • la gestion des matériaux excavés et des matériaux terreux.


Chaque échantillon doit respecter une exigence de traçabilité (chaîne de custody), d’homogénéisation, et de conservation, car la qualité des résultats en dépend.



Étape 4 — Analyses en laboratoire : paramètres physico-chimiques et substances


Les échantillons partent en laboratoire accrédité. Les analyses couvrent :


  • les paramètres physico et paramètres physicochimiques (pH, teneur en matière organique, granulométrie) qui influencent mobilité, fertilité et biodisponibilité,

  • les substances polluantes (hydrocarbures, solvants, HAP, PCB selon le cas),

  • les métaux : plomb, mercure, cuivre (et autres selon la norme retenue),

  • les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS)

  • les dioxines / furanes et autres contaminants persistants selon les activités.


Cette étape est centrale : c’est là que l’analyse devient une preuve scientifique.



Étape 5 — Interprétation : valeurs, seuil, valeur indicative et dépassement


Les résultat sont comparés à des valeur et seuil définis par la réglementation et les références suisses :


  • valeur indicative (niveau d’alerte / investigation),

  • seuils d’action et critères liés à l’usage (habitation, industriel, agricole).


Un dépassement n’implique pas automatiquement des travaux lourds, mais il impose d’évaluer le risque sanitaire et environnemental et de proposer des recommandation et une gestion adaptée.



Étape 6 — Mesures de protection, mesures de gestion, remise en état


Selon l’état du site (pollué / potentiellement pollué / surveillance), le bureau propose :


  • des mesures de protection (barrières, couverture, confinement),

  • des mesures de gestion (tri des terres, filières, restrictions d’usage),

  • une remise / remise en état si nécessaire,

  • un plan de mise en œuvre (calendrier, contrôle, suivi).


C’est ici que l’on passe de l’analyse à l’action, au service du projet.




2) Quelles sont les causes de pollution des sols ?


Les causes varient selon le type d’activité et la manière dont les substances ont été utilisées, stockées ou rejetées.



Causes industrielles et artisanales


  • dépôts et manutentions,

  • déversements accidentels,

  • anciennes pratiques (avant exigences actuelles),

  • émissions et retombées : impacts sur la surface.


Cela génère des pollution du sol par hydrocarbures, solvants, métaux, PFAS, parfois dioxines.



Causes liées à l’agriculture


L’agriculture peut entraîner une contamination par produits phytosanitaires, engrais, et accumulation de certains métaux. Le contexte biologique et la matière organique influencent la rétention, la migration et la fertilité.



Apports de remblais et matériaux importés


Des matériaux de remblai (terres d’excavation) peuvent contenir des contaminants. Cette situation est fréquente en milieu urbain, où les terres ont une histoire complexe.





3) Impacts : santé, environnement, plantes, animaux, chaîne alimentaire



Santé publique et risque sanitaire


Les impacts sur la santé dépendent du contact, de l’usage, de la présence de polluants et de la durée d’exposition (effet long terme).


Voies d’exposition :


  • ingestion/inhalation de poussières,

  • contact cutané,

  • transfert vers les potagers et la chaîne alimentaire.


Les animaux et les plantes sont concernés : la contamination peut passer du sol au végétal, puis à l’homme via la chaîne alimentaire.



Qualité du sol, fertilité et environnement


La qualité du sol et sa fertilité peuvent être altérées : microfaune, structure, fonctions biologiques. L’impact peut aussi se propager vers les eaux souterraines selon les paramètres physico-chimiques.




4) Quelles analyses pour un sol pollué ?


Il n’existe pas une "analyse unique". On choisit les analyses selon :


  • le type de polluant attendu,

  • l’historique et l’identification,

  • l’usage futur (habitat, industrie, agricole),

  • la zone sensible et la profondeur.


Typiquement, un diagnostic combine :


  • métaux lourds (dont plomb, mercure, cuivre),

  • hydrocarbures,

  • polluants organiques (HAP, solvants),

  • dioxines selon les activités,

  • paramètres physico-chimiques.


L’enjeu est de produire une évaluation cohérente et défendable, utile pour les décisions.




5) Comment dépolluer un sol pollué : solutions, assainissement et travaux


La dépollution des sols s’inscrit dans une logique de gestion de la pollution.

Selon les cas :


Mesures de gestion sans excavation


  • confinement, recouvrement, restrictions d’usage,

  • séparation des zones, gestion des poussières en chantier,

  • contrôle et surveillance.



Assainissement et remise en état


Lorsque le risque ou le dépassement l’impose :


  • excavation et évacuation en filières autorisées,

  • traitements (in situ / hors site) selon polluants,

  • assainissement et remise en état compatibles avec le projet.


La clé est la prise en compte du contexte : coûts, calendrier de chantier, contraintes, objectifs du maître d’ouvrage et exigences des autorités.




6) Comment surveiller la qualité des sols : contrôle, indicateurs, campagne de mesures


Pour un site classé "Pollué, nécessite une surveillance" ou présentant une incertitude, la surveillance repose sur :


  • une campagne de prélèvements périodiques,

  • des mesures et indicateur définis,

  • l’analyse des données dans le temps,

  • un contrôle des zones à risque et de l’efficacité des mesures.


Le suivi pédologique et la cartographie des sols permettent d’observer l’évolution de la qualité, notamment en cas de travaux, d’apports de matériaux, ou de changement d’usage.




7) Cadre suisse : OFEV, ordonnances, OSol et exigences


En Suisse, l’approche est guidée par le droit fédérale, les ordonnances, et les recommandations de l’OFEV. La référence OSol structure l’analyse des sols, la comparaison aux valeurs indicatives, et l’orientation des décisions.


Dans le canton de Vaud, les pratiques d’instruction et la documentation attendue peuvent varier selon le type de site, la région et l’objectif du projet.




8) Pourquoi confier cette démarche à un bureau spécialisé ?


Une analyse de pollution du sol crédible nécessite un bureau compétent, car il faut :


  • définir la méthode,

  • cadrer l’investigation technique,

  • piloter les prélèvements,

  • sélectionner le laboratoire et les normes,

  • interpréter les résultats (valeur indicative, seuil, dépassement),

  • proposer des recommandations : mesures de protection, gestion, assainissement.


Un bon service vous évite les erreurs coûteuses : sous-diagnostic, surcoûts de filières, blocage de chantier, ou risques sanitaires non traités.


Note : certains acteurs généralistes (ex. Bureau Veritas) existent sur le marché, mais l’important est de retenir une équipe ayant une expertise sites pollués et une pratique opérationnelle sur vos filières cantonales.




Conclusion : une démarche complète pour sécuriser votre site et votre projet


L’analyse de pollution des sols n’est pas qu’un rapport : c’est une démarche qui permet de définir, analyser, évaluer et décider, en conciliant qualité du sol, santé, environnement, contraintes de chantier, et objectifs du projet de construction.


Si vous avez un site potentiellement pollué, une parcelle agricole, un terrain urbain remblayé, ou une mention "surveillance" dans une base cantonale, la bonne approche est :


étude historique → investigation technique → analyse en laboratoire → interprétation valeurs/seuils → mesures → contrôle/surveillance/assainissement.



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